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Mille et une Terrasse N° 110 Cuar - Fred Deltenre

UN PEU de souvenirs bio-électrifiables lors de la cent dixième des MILLE et UNE TERRASSE – à l’occasion de la venue du trio irlandais CUAR et de la sortie du nouvel album de FRED DELTENRE. Dès 16 heures Yassin servait le thé de la PAIX DU QUARTIER à Plusieurs jeunes du quartier Chicago dont Said « le plus ancien des jeunes », âgé de 55 ans et ancien gremlins. Il semble désormais en paix avec lui-même, prenant régulièrement soin de sa beauté intérieure et de celle de ses amis - dont Mustapha juste revenu de ses errances dans Bruxelles Parallèles. Au bout d’une heure, comme des gentlemen, ils quittaient le Centre de Beauté Culturelle. Cayo se changeait dans la mezzanine et enfilait sa tenue de soirée. Une robe bleue nuit, un pull à col roulé noir et une veste marron fermée dans un velours côtelé - appelé de façon très ancienne : « Corduroy » (cordu Roy / 17è). Enfin elle mettait à ses pieds de très belles chaussures anglaises avec des chaussettes longues. Matthieu Ha optait pour le port d’une chemise verte électrique. Une cravate en laine écossaise, verte foncée, refermait son col. Il passait sur ses épaules, une veste - vert clair - de la même matière que celle portée par sa collègue, tout en choisissant de laisser sa veste ouverte. Puis il enfilait un bermuda bleu nuit et des longues chaussettes - bleu jour. Ensuite il laçait ses souliers en plastique de couleur caramel, qu’il avait achetée quinze ans plus tôt à Hanoi au Vietnam. Enfin, il descendait les escaliers pour mettre son fameux chapeau au cil charmant confectionné par LADOUDOUN. Quand il sortait le drapeau d’or, déjà des habitants du quartier du boulevard d’Ypres entraient pour s’installer dans la Terrasse Intérieure et prenaient un verre. Les musiciens Irlandais arrivaient à leur tour. Neil Ó Lochlainn descendait avec sa grande contrebasse par le monte-charge bleu. Sam Commerford et Ultan O’Brien empruntaient l’escalier pour descendre dans la terrasse sous terraine, y déposer leurs instruments : Saxophone pour le premier, violon pour le second. Cayo branchait le sound system de la buvette sportive. Elle n’allait pas faire les essais sons des musiciens britanniques. Ces derniers avaient opté sur une performance acoustique non amplifiée. En revanche, la Dutchesse attendait Fred Deltenre. Celui-ci avait prévu d’arriver à dix-huit heures. L’auteur compositeur et illustrateur arrivait effectivement pile à cette heure-là, emmené par la grande aiguille de l’horloge jusque sur la Terrasse extérieure. Il descendait d’une bicyclette imposante - muni d’un casque de cycliste, sa guitare sur le dos et divers accessoires sur le porte bagage. Il descendait en compagnie de Cayo dans l’auditorium HD. Pour la sonorisation de son concert le musicien avait donné les instructions suivantes : - « fiche technique : - Je joue et chante sur un petit ampli 8 watt, à reprendre sur une table si possible. Il y a une sortie phone en mini jack. Sinon un micro devant c'est bien aussi. Et si il n'y a pas grand monde, le 8 watt peut faire l'affaire (comme l'autre fois). À moins que tu aies un ampli un peu plus puissant sur place ? Je joue donc de la guitare, du synthé casio et de l'ukulélé. Je branche tout sur l'ampli. J'apporte également micro, jack et pied. Mais pas le jack pour aller jusqu'à la table »

Il y avait ce soir-là grand monde, Cayo lui proposait alors d’utiliser son ampli vox pour sa guitare électrique. Fred Deltenre était sur scène, encouragé par ses enfants et les copains de ses enfants. Il commençait son concert sur un air de guitare électrique sans parole, dans la lumière blanche et clinique de l’auditorium HD, un peu avant que son concert commence. La lumière se tamisait enfin. L’artiste s’installait sur un petit fauteuil pour entamer avec duplicité un jeu exigeant sur les cordes dérisoires de son ukulélé. Dans une humeur folk, chacun de ses doigts faisait l’effort de s’agripper sur les harmonies déconstruites de ses cordes, de manière à ce que ses mains ne tombassent plus bas. La voix de sa fille (ou de son fils ?), sept ans d’âge, le rejoignait - tantôt sur les paroles qu’elle(ou il) connaissait de ses chansons, tantôt - pour faire un commentaire après un morceau. Ou encore, en compagnie de ses camarades, écho d’une insouciance maniaque et autres amusements – qui rappelaient la trace du baiser enfantin que le personnage de l’auteur portait sur l’autre joue. « L’autre joue » - titre de son nouveau disque laser et dont les très belles illustrations sur le bordereau et la couverture étaient de sa propre réalisation. A l’entracte, le public en profitait donc pour acheter sa nouvelle création, œuvre délicate qui souffle sur la braise d’une anarchie toute singulière. Venait ensuite la performance de CUAR. Il ne fallait pas s’attendre à un concert de gig Irlandaise. Les trois irlandais, ni du Nord, ni du Sud mais de la grande Irlande, étaient un trio de musique de chambre celte, par laquelle l’acoustique de leurs instruments relieront une spiritualité autant contemporaine que contemplative. Le contrebassiste Neil Ó Lochlainn était à la base créatrice du trio. Sam Commerford, très connu dans le milieu free jazz à Bruxelles - élu récemment musicien de l’année dans le royaume de la Belgique - prenait ses dispositions pour augmenter le segment de la base amenée par son initiateur. Le violon de Ultan Obrian garantissait le sommet d’un nouage, du sonore et de l’esthétique avec le mélodique. Une alliance circulaire éternelle à l'intérieur d'un triangle musical, intemporel et au-delà. La modernité ne pouvait que s’émouvoir, et camoufler instinctivement son souffle à travers le saxophone de Sam Commerford et prendre le passé simple d’une flûte indo-européenne avec les firmaments audibles du violon. L’ensemble de musique de chambre CUAR et qui se prononce –COUR- développait sur la scène de la Terrasse sous terraine, une atmosphère éthérique, infiniment légère et épanouissante. Pendant ce temps, au niveau supérieur, beaucoup de visiteurs étaient attablés, agités pour certains et joyeux aussi. La nuit était à celle et à celui qui avaient choisi ce soir-là, d’ouvrir la page de la cent dixième des MILLE et UNE TERRASSE.

Photographies musicales de Cayo Scheyven



































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