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Mille et une Terrasse N° 66 Mes Lèvres (formally known as van Twolips) in Grupont

UN PEU de souvenirs de Grupont - troisième volet des « amours de vacances » lors de la soixante-sixième des MILLE ET UNE TERRASSE. van Twolips partaient au cœur de la province du Luxembourg, pour donner une performance de vingt-quatre heures, sur la terrasse de l’unique bar du village. Tenue par une dame flamande : Joke - la compagne de l’artiste urbaniste venu de Bruxelles - Christophe Terlinden. Ce dernier venait de faire l’acquisition de la « Maison des espagnoles » et dont le bar était rattaché. Bâtisse en colombage, datant du XVI ième siècle, faite de charpentes et de briques et de torchis, son terrain se trouve au bas du village à l’intersection d’un cours d’eau « le Linçon » et d’une rivière « la Lomme ». Ce bâtiment était le lieu des procès durant l’inquisition. Ainsi la mémoire collective des habitants des générations suivantes a su cultiver ses superstitions face à la l’âme redoutable et mystérieuse de l’édifice. Aussi le village était beaucoup plus peuplé qu’il ne le présentait actuellement. Grupont comprenait une école primaire, un commissariat, et des anciens métiers. Après leur disparition le village s’était UN PEU endormi durant plusieurs décennies. L’acquisition de ce monument historique par ces nouveaux grupontois et l’ouverture du bar d’été « Olé » marquait un point de rupture comme s’il s’agissait d’un exorcisme dont seul l’Art et le métier pouvaient en « deviner » le secret. Mais au cours de l’été 2021 la maison avait été victime du terrible et historique déluge qui s’était abattu en Belgique et en Allemagne cette année-là. La solidarité des habitants du village avait fait preuve d’ efficacité, bien plus importante que l’aide apportée par les services publics venus distribuer aux victimes deux bouteilles d’eau d’un demi litre et une boîte de saucisses Swan. Un an après la catastrophe, Cayo et Matthieu Ha proposaient de se rendre sur les lieux afin d’apporter leur témoignage de soutien et de compassion aux grupontois et grupontoises, à travers trois exécutions musicales et poétiques sur une durée de vingt-quatre heures. La première avait lieu dans le jardin à deux pas du cours d’eau dont un petit pont cachait une sculpture représentant un bébé dauphin – un « Delphinkenpis ». Celui-ci émergeait au- dessus des eaux et dont le niveau n’avait rien à voir avec celui de l’année précédente. Bien au contraire, à deux pas de là, van Twolips venaient de planter le drapeau d’or ou l’ÉTENDARD DE LA SURVIE à côté d’un lampadaire public - une pièce de la collection de Christophe Terlinden. Les deux musiciens allaient alors jouer un triptyque musical issu de leur répertoire lumineux et en présence de la doyenne du village. Pendant ce temps le soleil progressait comme un projecteur cosmique, éclairant la scène à la perfection. Lors de la seconde partie le duo profitait de l’inclinaison favorable du soleil pour installer d’un geste, leur écran éliptique et d’y extraire les ombres d’un petit arbuste planté à côté d’eux. Enfin au terme de la troisième partie, lorsque le soleil avait complètement disparu, Christophe Terlinden prenait le relai pour brancher alors son lampadaire public. Cette lumière urbaine avait éclairé, jadis, une rue de Bruxelles en bas d’un building, il était désormais là, aux pieds des vallons. Le lendemain matin le duo emmenait le drapeau d’or devant le perron de l’église qui se trouvait à cinq minutes à pieds - en surplomb du village. La doyenne était revenue prendre place, assise sur les marches de l’escalier. Cayo et Matthieu Ha jouaient à l’ombre, illuminés par les reflets du soleil sur le drapeau d’or. Puis la cloche de saint Denis sonnait les onze coups de onze heures. Aussitôt, les deux musiciens, suivis en procession par une dizaine d’habitants, redescendaient rejoindre le bar « olé » pour un apéro-brunch. Enfin au milieu de l’après-midi, van Twolips replantaient le drapeau d’or pour le troisième et dernier chapitre. Cette fois-ci ils décidaient de l’installer à l’abri des radiations agressives du soleil, dans le lit de la rivière. La fameuse rivière par laquelle l’immense colère des dieux avait fini par déborder, était ce jour-là, aride par endroit. Ainsi le public pouvait marcher entre les courants - sur les galets et flâner au milieu de l’eau paisible, telle une rivière un peu amoureuse, un peu... sur la soixante sixième des MILLE ET UNE TERRASSE.

Photographies de Cayo Scheyven





























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