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Mille et une Terrasse N° 122 Molto Morbidi - The Swim

UN PEU de souvenirs variés lors de la cent vingt-deuxième des MILLE et UNE TERRASSE en compagnie du groupe belge SWIM et de l’auteur compositrice française MOLTO MORBIDI. Cette dernière arrivait seule dans un véhicule familial de marque Peugeot et de couleur grise métallisée. Matthieu Ha et Cayo l’aidaient à sortir de son coffre déplié - toute la panoplie d’instruments pour sa performance. Yacine entrait dans la buvette sportive au même instant pour préparer le thé de la paix du quartier. Pendant qu’il démêlait chaque branche de menthe sur le plan de travail, plus bas - dans la terrasse sous terraine - Molto Morbidi mettait en place d’innombrables câbles électriques par lesquels se raccordaient trois étagères de diverses machines électroniques. Cayo veillait à la balance délicate de sa voix sur les textures mélodiques et dynamique de ses accompagnements. Une fois les essais terminés, l’installation devait s’extraire de la scène pour laisser la place au groupe SWIM. Cela demandait de déplacer l’assemblage de l’artiste française, par le moins de mouvements possibles. Alors les câbles étaient rassemblés à la manière d’une queue de cheval, puis décalés sur le bord de la scène. Ensuite les appareils débranchés étaient mis à l’arrière. Enfin Matthieu Ha avait installé son grand écran rond de manière à cacher les équipements et de désencombrer les détails du fond de l’espace de jeu. Deux lampes projetaient l’ombre du rideau lamé derrière l’écran. Thomas Devos le leader du groupe Swim venait d’arriver en vélo et attendait - très impatient - ses deux collègues. Alors, seul dans la terrasse sous terraine, sa guitare posée sur un trépied, le bruxellois marchait à l’intérieur de lui-même, en fredonnant inconsciemment, une série de vocalise jazz - comme pour s’abstraire du moindre répit. Il était homme n’ayant pas l’habitude de se laisser prendre par le jeu de l’ennui. Par le passé, lors de la grande pandémie mondiale de 2020, il avait présenté une alternative contre la paralysie culturelle du moment. La construction d’un théâtre-manège-peepshow démontable, installé dans une des annexes de Tour & Taxi: le PEEPSHOW PARNASSUS. En cette dernière soirée d’Avril 2023, le chanteur bruxellois n’avait pas eu à attendre trop longtemps. Ses deux acolytes arrivaient sur le parking de la terrasse extérieure du centre de beauté culturelle, à bord d’une voiture électrique Tesla. La fameuse roll Royce des voitures hybrides arrivait avec son moteur silencieux. Les portes s’ouvraient par un glissement subtil pour décharger le matériel de la batterie d’Olivier Onclin et l’instrument du bassiste anversois Koen Moesman. Au moment de leurs essais sons, Molto Morbidi buvait le thé à la menthe dans la terrasse intérieure en lisant le SOLDE ALMANACH N°8 (distribué la veille au Sterput). A dix-huit heures, Valentin Souquet - un artiste designer brillant - voisin du centre de beauté culturelle, commandait une bière pils à la buvette sportive. Il demandait à écouter deux disques vinyle du faux magasin : le premier album bio electro du malinois Lenaert Heyndel et le disque de disco-techno noir (une création filante d’un duo mort-né : « fuck Dead ». Album Coréalisé par Louise Roam et Julien Gasc). La musique aura eu raison de Valentin Souquet. Chaque articulation de ses membres était sous l’emprise de la musique. Sa voix s’exclamait par des sons gutturaux, les yeux sortaient de ses orbites, les impulses de la rythmique trahissaient son cœur désinhibé. Les agitations « vibraphoniques » de ses tympans avaient déjà dilaté tous ses vaisseaux sanguins - en même temps qu’arrivaient le corps encore tiède des premiers spectateurs pour l’évènement de ce soir. Au terme de cette écoute passionnée, il achetait finalement les deux albums, quittait immédiatement la terrasse intérieure, regagnait son appartement situé juste en face pour rejouer le disque aussitôt - à deux pas de danse - du concert des SWIM. La bande à Thomas DEVOS empruntait les fameuses vocalises R&B falcetto dont les Bee Gees en avaient fait leur principal atout sonore. Mais le trio belge produisait un rock surf plus abrupt que les vagues discos et sensuelles de leurs aînés. Le groupe nageait avec une certaine rage devant leur public - debout comme s’ils n’avaient plus pied. Cayo flottait entre les corps pour prendre ses photographies. L’agitation « vibraphonique » de leurs tympans s’élevait autant que les rayons de lumières projetés par Monsieur Ha. Bientôt leur dilatation sanguine allait rejoindre celle du voisin - Valentin. Un entracte était nécessaire pour reconfigurer l’auditorium HD de la terrasse sous terraine avant le concert de Molto Morbidi. La chanteuse évoluait il y a une décennie parmi un groupe de new wave - Shadow Motel. Ce soir, Swan alias Molto Morbidi présentait ses enfants. C’est-à-dire ses nouvelles créations - raisons pour laquelle elle devait venir à bord d’un véhicule familial. Cinq chansons envoûtantes, pop, « synthégénique », et très sensibles pour certaines. L’artiste française chantait en anglais avec un accent de Melbourne. Elle était soulagée de jouer dans un auditorium haute définition comme celui de la terrasse sous terraine qui emmitouflait les auditeurs - assis dans de délicieuses mélodies. Le concert s’achevait par des applaudissements généreux du public de la cent vingt-deuxième des MILLE et UNE TERRASSE.

Photographies variées de Cayo Scheyven

































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