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Mille et une Terrasse N° 52 Giovanni di Domenico

UN PEU de souvenirs de grande taille lors de la cinquante deuxième des MILLE ET UNE TERRASSE. Pourtant, la caravane de Cayo trouvait une place très étroite pour se garer entre deux voitures. Matthieu Ha déployait le drapeau d’or à 18h03. UN PEU avant, Mustapha était arrivé pour préparer le thé à la menthe de la paix du quartier. Quelques « Gremlins » (désignation pour citer les jeunes du quartier Chicago) s’étaient mis autour d’une table de la terrasse extérieure pour prendre le thé. Egalement dans la terrasse intérieure, trois amies néerlandophones de la péniche café-concert le BOOT TENACE s’étaient installées. Plus tard, deux ouvriers dans le bâtiment travaillant actuellement dans le quartier, terminaient leur journée de dur labeur en passant par le centre de beauté culturelle. Vincent Patigny leurs servait une bonne bière spéciale. Ils s’étaient assis l’un en face de l’autre. Ils portaient tous les deux un juste corps bordeaux. Le premier qui était grand et costaud travaillait sur son ordinateur tout en buvant sa bière. Le second - le collègue- paraissait plus jeune, plus petit et chétif - il regardait avec beaucoup de concentration son smartphone. Le pianiste Giovanni di Domenico arrivait UN PEU plus tard, au moment où le public était prêt pour assister à son concert dans la terrasse souterraine. Le piano angélique avait été mis au milieu de l’auditorium HD. Un lampadaire posé sur un grand pied, gravitait à droite de l’instrument à cordes. La lumière carrée du plafond de la scène, au-dessus du pétale d’ombre UN PEU, venait de s’éteindre au moment où le pianiste posait pour la première fois, deux de ses doigts sur deux des quatre-vingt-huit touches du piano. C’était deux notes mortes, sans teint, sans aucun reflet, sans la moindre résonnance. Était-ce le néant ? Puis une demie mesure plus tard deux notes frappées fortissimo dans la partie médium du clavier. Epurées, mordantes, directives, panoramiques même. Dans leurs étendues, les autres doigts de la main du pianiste se répondaient comme des étoiles lointaines à demie éteintes et à demie naissante. Le musicien donnait de son ingénierie de façon à maintenir son jeu d’équilibre entre le haut médium et le bas médium de l’instrument ; entre les volumes de chacun de ses touchers. Entre lui et l’équidistance de ses deux oreilles, il y avait les intentions les plus habiles pour manipuler avec méthode, les petits marteaux feutrés. Ceux-ci réduisaient en poussières harmonieuses des accords frappés jusqu’à leur aplatissement. Il se libérait des flux musicaux organiques et polyrythmiques dans lequel l’auditoire faisait immersion en fermant les yeux. La performance pianistique révélait toutes les caractéristiques d’une approche réussie avec maestria. Giovani di Domenico achevait après 50 minutes de jeu un magistrale « piano al dente ». De la même manière, plus tard, après dix heures de ce soir heureux, un tajine délicieusement délicieux - aux pruneaux et aux amandes, le tout préparé avec de la viande de veau, avait été offert par Karim, (un gremlins) à l’occasion d’un baptême d’un membre de sa famille. Pour finir Matthieu Ha faisait une danse du drapeau d’or sur la terrasse des nouveaux voisins. La gérante venait d’organiser un défilé de mode qui se terminait par une pole danse afin d’inaugurer sa cantine et son atelier de couture : LE C3. Cayo offrait ses chocolats after eight, c’était le signe du début de la fin de soirée de la très belle cinquante deuxième des MILLE ET UNE TERRASSE.

Photographies de Cayo Scheyven













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