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Mille et une Terrasse N° 177 L’ABONDANCE DES MYTHOS Banquet tragique en cinq services

UN PEU de souvenirs d’un véritable mensonge avec l’ABONDANCE DES MYTHOS - présentée par le collectif bruxellois T(r)UELLE, au cours d'UN PEU FESTIVAL DE LA FIN DU MOIS - MARS - et lors de la cent septante septième des MILLE et UNE TERRASSE. C’était le VENDREDI SAINT. Le collectif T(r)uelle avait imaginé un banquet pour trente-trois couverts dans le CENTRE DE BEAUTE CULTURELLE UN PEU. La réception était composée de Quatre serveurs vêtus d'une chemise blanche et d' un nœud papillon. Parmi eux il y avait les poètes comédiens, âgés d' une trentaine d' années : ALEX GUILLAUME, CLEMENT DELHOMME, MANON LAIGLE et ADRIANO LINZARINI. La cuisine était conduite par deux chefs Cuistots : l’éditeur underground Bichel et l’essayiste Edwin. Ils avaient alors investi la Terrasse sous terraine de façon à y élaborer leur menu en cinq services. Les haut-parleurs et la table de mixage de l’auditorium HD venaient de laisser la place à un grand frigidaire, une cuisinière au gaz, ainsi qu’un four. Le mobilier avait été déménagé, seul le grand sofa rouge était resté, mis à la disposition de la photographe Cayo van Breugel. Au cours du banquet elle invitera douze sujets en cuisine pour une séance de nu photographique. Enfin, il y avait la voisine qui était venue répéter son répertoire de musique classique sur le piano angélique. La musicienne japonaise jouait du Jean Sébastien Bach, tournant son dos à un régiment de trente-trois cailles qu’un couteau bien aiguisé venait d’en découper délicatement les têtes. A l’étage, dans la Terrasse intérieure, huit grandes tables formaient un E majuscule. Il y avait été dressée avec grand soin, tout un service orné. Des cartons nominatifs indiquaient la place respective de chaque convive. Tout ces effets avaient été méticuleusement Préparés de manière à faire croire aux hôtes - à la vérité de leurs mensonges, dans le plus étoilé des restaurants du royaume. Une heure avant le début du banquet, les deux chefs cuistots faisaient démarrer les fourneaux. La bataille des cuisiniers allait bientôt commencer, exactement quand une épaisse fumée de cuisson remplissait la Terrasse sous terraine ... un peu trop abondamment. Aurait il été possible qu’un cumulus du huitième ciel de l’au de là, eût trouvé un passage dans ce cuisinage underground ? Les casseroles devenaient soudainement magiques, Edwin préparait une purée imprévue avec le moulin à purée de son grand-père. Bichel assurait l’artillerie lourde de sa batterie de couteaux. A l' étage, les serveurs Alex Guillaume et Clément Delhomme accueillaient les trente trois convives de leurs boniments. Il était 19h30 au moment où Manon LAIGLE, serveuse de vérités, annonçait le premier acte : DES RAVIOLIS au fromage. Réalisée sur place, la pâte avait été colorée dans du jus de betteraves. Les plats étaient amenés à l’aide du monte-charge bleu. . Un peu plus tard, celui-ci remontait également Matthieu Ha, entrain de jouer de l’accordéon durant la lecture poétique d’Alex Guillaume, assis sur les marches de l'escalier menant à la mezzanine. Ensuite MANON LAIGLE annonçait le deuxième acte : UN BOUILLON COQUES fait à partir de petits coquillages. Pendant cette dégustation, ADRIANO LANZIRINI présentait une conférence de "mythocryptologie". Il disposait de  CLEMENT DELHOMME comme sujet d’étude. Une conférence appuyée d’une analyse par vidéo projection, allait démasquer la timidité joviale du poète bruxellois, non sans  trait d’humour et sur le ton de la plaisanterie. Dehors, à l'entrée du Boulevard d'Ypres, la police avait installé un dispositif pour luter contre l' Ubérisation des drogues. Pendant ce temps, les effets du vin rouge commençaient à désinhiber peu à peu les invités. Dès lors, Cayo van Breugel trouvait la bonne formule pour accéder à ses douze modèles de nus dont celui d'Alex Guillaume, lequel, après avoir "pausé" dans le monte-charge bleu, faisait une ascension par la plate forme du monte charge. Il apparaissait devant les invités, le corps dénudé et la tête ensanglantée. Puis il s'enfonçait dans le sol... Quatre heures venaient de s'écouler à la minuterie de la cuisinière. La voisine jouait en pleine transe du Debussy au piano, Bichel redoublait d'effort et mettait la sauce quand Edwin était toujours sur la préparation de sa purée imprévisible et dont le maniement du moulin à pomme de terre s'apparentait au fil du temps, à un moulin à prière. Manon Laigle annonçait le troisième plat "Acte 3: SAUCE EXPRESSE". A l’issue de ce troisième acte, ADRIANO LANZIRINI et MANON LAIGLE, rejoint par Alex Guillaume et Clément Delhomme se prêteront à une séance de  CRAPULOMANCIE.  Celle-ci consistait à choisir une femme parmi les hôtes et de la prendre au dépourvue en la déclarant mariée avec elle-même. Au moment où les "crapulomenteurs” criaient “vive la marié”, le plat consistant arrivait par le Monte charge Bleu. Une gig celtique jouée à l’accordéon était reprise en rythme par les convives qui battaient la mesure sur la table avec leurs poings. Les deux chefs cuistots étaient venus rejoindre les serveurs pour mettre dans les assiettes - la fameuse (et finalement) onctueuse “Meta purée" d’Edwin, à coté des délicieuses Cailles cuisinées par Bichel. Le ventre presque abondamment rempli, la marié se levait sur une chaise. Sous sa robe de princesse romantique, elle lisait à voix haute les perspectives de son amour plein de sagesse. Pourtant au dernier paragraphe de sa longue déclaration d’amour, elle ne trouvait soudainement plus goût à elle même. Comme victime d’une cruelle  schizophrénie, elle dédoublait  sa passion amoureuse en un poison toxique qu' elle absorbera cul sec et finira par la tuer. Dans une grande maitrise tragique, Matthieu Ha chantait une mélancolie,  brisant  les mascarades et la plaisanterie. Celles-ci  avaient régné en maître jusqu’à présent mais  finalement, la tristesse venait de libérer les visages de quelques diamants de  larmes salées. Vers 23h00, MANON annonçait l’acte final - le dessert : UNE CHARLOTTE aux poires. La pâtisserie arrivait par le monte-charge bleu. De nouveau l’accordéon jouait un air au titre évocateur : LA POIRE de L’ESPOIR dans le DESESPOIR( une chanson mi figue / mi raison). Un peu après minuit, Un digestif au taux d' alcool des plus élevés, venait d'apporter la dernière goutte de goût à ce fabuleux banquet d'anthologie, celui d’une abondance mytho maniaque, et ce, lors de la délicieuse  cent septante septième des MILLE et UNE TERRASSE. 

Photographies d'abondance de Cayo van Breugel 






























































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