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Mille et une Terrasse N° 184 PART 2: Pommade - 4nouki PART 1: Lynhood - Antoine Herran

UN PEU de souvenirs du deuxième volet de DIVAGATION avec ANTOINE HERRAN, LYNHOOD, POMMADE et 4NOUKI pendant UN PEU FESTIVAL DE LA FIN DU MOIS – avril – au moment de la cent quatre-vingts quatrième des MILLE et UNE TERRASSE. Franck Limonier, l'organisateur de DIVAGATION, présentait cette fois-ci un programme composé en deux temps. Le premier était prévu en fin d’après-midi quand le second se déroulait à la nuit tombée. Cinq concerts au total dont deux en première partie. De leur côté Cayo et Matthieu Ha avait demandé l’assistance à leurs amis François Brice et Philippe Keunen pour assurer le service à la buvette sportive. La journée s’annonçait très chargée et prometteuse. Le temps s’était enfin radouci et la ville semblait graviter dans tous les sens autours de LA JOURNEE DES MUSEES BRUXELLOIS. D'ailleurs, la galerie voisine du KBK avait transformé leur espace en y installant un décor de cinéma reproduisant un paysage martien. Deux artistes dont Bruno Dovifat étaient habillés en tenue de cosmonaute. Pendant ce temps, dans le Centre de Beauté culturelle, Cayo faisait la prouesse de réaliser cinq sound check pour les cinq concerts de la soirée. Dès dix-sept heures, les premiers spectateurs arrivaient pour le concert du bordelais ANTOINE HERRAN. L’ancien résident bruxellois, producteur du premier album vinyle de MES LEVRES La maturité sexuelle des plantes, faisait son retour dans le boulevard d’Ypres, un an après sa dernière prestation avec LES PERSONNES (Terrasse 49). Il allait donner son concert sur la scène de la terrasse sous terraine, dans laquelle l’artiste y avait déjà œuvré pour la mise en place de la première installation sono de l’auditorium HD en 2019. Il avait pris soin de la scénographie de sa performance dans une sobriété méticuleuse.  Disposant, au-dessus du clavier du piano angélique, ses textes, lesquels étaient imprimés sur des feuilles volantes. Il faisait de même en plaçant d’autres manuscrits sur un pupitre, au-devant de la scène, à côté duquel sa guitare électrique était posée à la verticale. Le blanc de ses feuilles faisait écho à la blancheur du pétale d’ombre UN PEU et à la chemise que l’artiste portait et qu'il avait fait rentrer impeccablement dans son pantalon noir. Les mains dans les poches, le musicien les sortait finalement après avoir annoncé de manière très concise le départ de son concert. Il s’asseyait immédiatement devant le piano. Il débutait son ouverture, durant laquelle le musicien faisait dialoguer entre ses deux mains souples, des phrases sobrement atonales dont les touches médium laissaient apparaître leur éclat à l’aide de son pied droit qui contrôlait la pédale à succinct.  Au lieu de poursuivre son ouverture en direction du labyrinthe des musiques sérielles, Antoine Herran quittait son piano, se levait et prenait le chemin de sa guitare électrique. Il grattait les cordes avec précision et sensualité, jouant sur un accord rythmique de façon à poser sa voix doucement. Celle-ci était porteuse de narrations réalistes, dans une couleur soul à la française, légèrement bleutée, accessible, ouverte au moindre inconvénient. Ses intrigues avantageaient l’élaboration d’une musique de pop fiction  aux moments où il revenait sur le piano ou encore à des chansons de geste qui évoluaient dans l’inattendu de la modernité. Après quelques coups de tonnerre et la dizaine de paliers que venait de traverser son itinérance musicale, sa chemise était d'un blanc écarlate, un peu semblable à l'éclat de la veste de Mickael Jackson sur l'album Billie jean. Il terminait sa performance là où elle avait commencé, face à la bienveillance angélique du piano droit. Après que Cayo venait d’effectuer ses trois traditionnelles portraits photographiques, l’auditoire remontait à la surface de la terrasse intérieure et extérieure. Quelques minutes de pause plus tard, la musicienne LyNHOOD s’installait devant les trois pétales A LA FOLIE, devant le mur du fond de la terrasse intérieure. L'artiste était venue, accompagnée de son amie. Elles résidaient à Grenoble. Les deux amies venaient de faire une tournée à travers la FLANDRE française entre Dunkerque et Lille pour débarquer finalement dans le boulevard d’Ypres. LyNHOOD jouait seule, sur sa basse électrique. Elle avait disposé tout un équipement de pédales d’effet autours d’un massif ampli basse. La jeune femme présentait une performance très inspirée durant laquelle, la grenobloise mettait en apparence une puissance électrique sans pour autant occulter la sensibilité de son instrument, au-dessus duquel, sa voix, très légère, trouvait le moyen de se suspendre avec clarté. LYNHOOD composait des boucles sonores par lesquelles son récit musical prenait forme petit à petit. Cayo était parvenue à résoudre ce délicat mixage durant les essais son, donnant l’avantage aux amplitudes impressionnistes plutôt qu’aux amplifications impressionnantes. Le concert venait de remporter un vif succès et clôturait brillamment le premier chapitre de la programmation DIVAGATION.  Le soleil commençait à se coucher et le public continuait à affluer. La deuxième partie allait alors débuter quelques instants plus tard dans la Terrasse sous terraine. Dans une obscurité féérique, Matthieu Ha et 4NOUKI se tenaient sur leurs genoux en attendant les spectateurs qui arrivaient au fur et à mesure. Ensuite le bruxellasien présentait la musicienne dans un discours chuchoté. Ensuite il quittait la scène au milieu de l’auditoire. 4nouki faisait démarrer son ordinateur et sa musique ambiante électro. Le concert ressemblait à un opéra futuriste, La chanteuse s’emparait du micro et posait sa voix, confinée dans l’espace intersidérale de son imagination. Le temps semblait se dilater. Les spectateurs laissaient leur corps flotter dans l’apesanteur musical d’4nouki.  L’auditorium était plein à craquer en même temps que la terrasse extérieure était tout aussi abondée d'individus qu'habitée par la douceur de la nuit qui venait de tomber. DIVAGATION venait de rattraper suffisamment de bruxellois pour le concert final du musicien POMMADE. Cet artiste français de la région de Toulouse était une très belle découverte. Chanteur de dance floor, l’auditorium HD devenait une nouvelle fois une discothèque enchantée. POMMADE enjolivait la nuit. Au cours de son répertoire électro guinguette, avec maestria et malice, l’artiste pouvait danser, faire danser et trouver des liaisons acoustiques entre le piano angélique et son Sound système au moment de ses solos mélodiques. Sa saveur joviale transpirait et illuminait l’auditoire. Enorme triomphe, énorme DIVAGATION. Enfin Franck Limonier pouvait se soulager, il venait finalement de réussir, au cours de ces deux nuits passées, à rassembler les mille et une communauté de la capitale, passant par celle du sud-ouest jusqu’au Sud Est de la France et qui finissaient par devenir en dernier ressort - celles de la cent quatre-vingts quatrième des MILLE et UNE TERRASSE. 

Photographies divaguées par Cayo van Breugel




























































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