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Mille et Une Terrasse N° 277 Recording & Relaxing in Thailand

Updated: Dec 31, 2025

UN PEU de souvenirs de la deux cent septante septième des MILLE ET UNE TERRASSE, lors de la tournée des TUN YIN SHU ou LES BETES SAUVAGE DEVOREUSES DE VOIX. 

 

 

Cayo, Matthieu Ha et Xiao He quittaient le chahut électro transe du festival MYCELIUM à quelques heures de Chiang Mai et rejoignaient Xiao Zhou du label Modern Sky. Ce dernier se trouvait au domicile d'un ingénieur du son chinois installé en Thaïlande depuis peu. Il avait réservé une journée de studio d'enregistrement pour nos trois musiciens. Xiao He avait invité une connaissance – un chaman musicien – originaire de la Mandchourie pour participer à leur séance d'enregistrement. Le mandchou avait entre ses mains et posé sur ses jambes, un tambour ancestral. Les quatre musiciens, dans un sommeil éveillé, improvisaient ensemble des intrigues sonores et de délicats soupirs vocaux digne des TUN YIN SHU. 

Ensuite les artistes se séparaient de nouveau, Xiao He, Xiao zhou et le chaman partaient en ville se restaurer. MES LEVRES prenaient une autre route en direction de MAERIM – un petit village où vivait une vieille connaissance de Matthieu Ha : MYRTILLE TYBAYRENC ou MIMI pour les intimes. Galeriste et artiste peintre, originaire de France, elle avait étudié aux Beaux-arts de Dunkerque. À la suite d'un drame tragique, elle décidait de quitter l'Europe pour rejoindre son père qui travaillait à l'Alliance française à Bangkok en Thaïlande. Elle rencontrera son futur époux – l'artiste : Haritorn Akarapat ou PTORN, un sculpteur très réputé dans le pays. Matthieu Ha fera leur connaissance dès sa première tournée à Bangkok en 2008. A partir de 2010, MIMI ouvrira sa galerie d'art : TOOT YUNG GALLERY. Elle proposera à Matthieu Ha la première exposition de sa fameuse série de dessins : « Les tortues vicieuses d'un homme chaste » tirées de son essai philosophique du mariage avec soi-même. Ensuite MIMI et PTORN quitteront définitivement Bangkok pour s'installer à Chiangmai. Dans le passé Chiangmai était plongée dans une jungle des plus luxuriante. Cayo avait connu cette période lors d'un de ses voyages de jeunesse dans les années nonante. Depuis, Chiangmai était un peu moins sauvage ou plus touristique. Myrtille Tybayrenc et Ptorn choisiront de s'installer à une heure entre Chiang Dao et Chiangmai – dans la petite bourgade de MAERIM. Le couple y célébreront leur mariage. Ainsi Myrtille Tybayrenc deviendra par cette union une nouvelle citoyenne Thai. La franco thai ouvrait de nouveau la TOOT YUNG GALLERY avec des partenaires locaux. A partir de 2019, le couple s'engageait dans de grands travaux et bâtissaient leur futur habitat. Myrtille Tybayrenc en avait imaginé les plans et PTORN en était le maître d'ouvrage. Ils avaient tout d'abord racheté une bonne parcelle de terrain non loin d'un temple bouddhiste. Le bâtiment associait des anciens bois de charpente et du béton. Les pièces étaient lumineuses, hautes et assuraient des espaces sereins. Il y avait au rez-de chaussée, l'atelier de peinture de Mimi et l'atelier de sculpture de PTORN. Le béton amenait toute sa fondation et sa solidité. Le bois foncé donnait à l'ensemble un épiderme chaleureux et rustique aux portes, aux escaliers, au sol et aux châssis. Les poutres principales étaient tordues et puissamment massives. Un très grand jardin entourait la propriété. Ptorn y avait installé une de ses dernières créations : une dizaine de corps géants de plus ou moins trois mètres de haut, réalisés en terre et enduits d'une résine blanchâtre. Les silhouettes étaient réduites à leur plus simple représentation, ayant chacun le fameux nez de PINOCHIO. Les longs nez du mensonge, entrecroisés, comme un jeu de mikado ou encore, suggérant une distance mutuelle entre les sujets. Avant cela, durant une dizaine d'années, Haritorn Akarapat avait produit un nombre incalculable de visages "défiguratifs". L'émail qu'il avait appliqué selon son style personnel, était comme révélatrice de "la chaire souterraine du corps". Par ailleurs PTORN recevait des commandes pour le modelage de bouddhas gigantesques, hauts de 10 mètres, pour le compte des moines bouddhistes. Haritorn Akarapat avait un corps d'homme aussi puissant que massif. A la fois taiseux et très joyeux. Il cuisinait merveilleusement.  Il passait beaucoup de temps avec son assistant à parler avec leur chien ou un de leurs chats. Pour cela ils empruntaient un tout autre registre vocal – voix transformée - enfantine  - aimante et qui s'entendait dans toute la propriété.  

La peinture de Myrtille Tybayrenc était, au contraire de son époux, beaucoup plus figurative et néanmoins mystérieuse. Elle peignait selon les techniques des anciens d'Europe - une bonne partie sur des toiles, d'autres sur du bois. Le thème principal et récurrent était le corps, à la manière d'un Caravage ou d'un peintre symboliste. Visages, mains et pieds mystiques. Corps nu aux émotion pudique, atmosphère envoûtante, mort, existentialisme, douleur à travers des portraitsd'anonymes ou d'icônes issues du sacré. 

Intemporalité de l'éden, de la guerre, d'un cadavre, ou d'un paysage pieux d'Eurasie. Violence immaculée, érotisme transgressif, animaux emblématiques, mouche sur détaillée et insaisissable. Les tableaux de la peintre figeaient des impression silencieuses , pendant que leurs beautés devenaient un labyrinthe, une huile, un mythe, une fin insondable.  

Cayo et Matthieu Ha étaient restés une nuit chez leurs hôtes. Ils se réveillaient le lendemain matin devant une fenêtre donnant une vue idéale sur une rivière - située à cent mètre de leur lit ou était-ce le dernier tableau, œuvre commune d'un couple hors du commun –et ce – durant la deux cent septante septième des MILLE ETUNE TERRASSE. 

 

Photographies paradisiaques de Cayo van Breugel 


 
 
 

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