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Mille et Une Terrasse N° 281 We Didn't Land on The Moon since 1987 BANGKOK Thailand

Updated: Jan 3

UN PEU de souvenirs de MES LEVRES dans le China town de Bangkok lors de la deux cent quatre vingt unième des MILLE ET UNE TERRASSE.

Bangkok faisait partie de ces villes du monde qui ne semblait pas être bouleversée par les évolutions du nouvel ordre du monde. Son art de vivre était toujours le même. Les petits restaurants à chaque coin de rue, ses salons de massage, les motos, les taxis, bus et autres tuk tuk à essence transportaient les passagers dans un vacarme comme jadis. Les infrastructures touristiques et son centre névralgique ne représentaient en réalité qu'un dixième de la superficie totale de la ville. Même si Bangkok avait ce goût de construire des tours de plus en plus spectaculaires, elle laissait largement une place à son histoire et un goût particulier du vintage. Plus qu'une autre ville d'Asie, elle gardait captive en son sein, une temporalité qui l'avait marquée durant son histoire récente : les années soixante et septante. Une période durant laquelle la Thaïlande avait servi de point de repli et de repos pour l'armée américaine durant la guerre du Vietnam. La cité des anges pouvait compter également sur ses fantômes. Poke venait d'acheter en occasion, le synthétiseur de prédilection de Matthieu Ha : le Yamaha pss 680. Le thaïlandais lui en faisait cadeau en échange de celui du bruxellasien - lequel était fortement endommagé. Ce synthétiseur datait des années quatre vingt. C'était le premier instrument avec lequel Matthieu Ha jouait adolescent.

Durant la matinée Poke proposait à ses deux amis bruxellois de les emmener dans un marché aux puces. Le marché était immense et débordait de vêtements de seconde main. Il y avait une multitude d'ustensiles et autres bibelots. Poke avait trouvé un orgue, Matthieu Ha des chemises ainsi qu'un disque vinyle d'opéra chinois. Ces vinyles sont introuvables nulle part ailleurs qu'à Bangkok.

Le soir MES Lèvres et Poke se rendaient dans le China Town pour rejoindre le club où ils devaient se produire. Un petit bar WE DIDN'T LAND ON THE MOON qui se trouvait dans une impasse très discrète. Le patron était une personne atypique originaire de Chiangmai. C'était un artiste qui avait décoré avec beaucoup de soin, l'intérieur de son établissement. Le bar était au rez de chaussée et les concerts avaient lieu au premier étage. La scène était minuscule et se trouvait coincée entre la rampe d'escalier et la table de mixage. Un Dj s'y avait pris place, MES LEVRES et Poke devaient se partager un espace faisant un peu moins de deux mètres sur un. Mais rien ne pouvait contenir la musique surtout celle de nos amis. Poke ouvrait la soirée. Le musicien était encore une fois très inspiré. Il se tenait debout avec son synthétiseur qu'il tenait comme s'il prenait son enfant dans ses bras. Le clavier maître était relié à différents équipements électro qui se trouvaient sur le sol. La lumière était sombre, Matthieu Ha qui se trouvait à ses côtés lui faisait un jeu d'éclairage artisanal avec l'une de ses lampes de poche. Dans la région Poke était une véritable légende et faisait preuve d'inventivité et d'improvisation  à chacun de ses concerts. Ses récitals électro avait toujours la difformité d'une musique errante durant laquelle ses sons de synthèse entraînaient l'auditoire vers des tourbillons sonores, des syncopes rythmiques, des harmonies brèves, des ambiances atmosphériques et des surgissements électriques survoltés. Sa voix s'entremêlait dans sa moustache indochinoise et ses longs cheveux noirs. Puis son sourire, à chaque fin de  prestation, apportait un réconfort certain et la douceur d' un remerciement chaleureux.

Après quelques instants de pause, MES LEVRES prenaient place. Cayo épelait une à une les lettres de N-A-R-C-I-S. Son collègue ponctuait chacune de ses syllabe d'une violente impulsion venant de son nouveau synthétiseur et de son accordéon. Puis il faisait démarrer la rythmique et les accompagnements basse de son clavier électronique. Le public était saisi par le jeu des deux bruxellois. La voix de la dutchesse était des plus sensuelles quand elle reprenait le refrain de Joan Cruijf - suivi d'un solo à l'accordéon de son partenaire. Le public était conquis, certains se précipitaient vers les deux musiciens pour leur acheter leur vinyle que Cayo signera avec l'empreinte de ses lèvres

Après leur concert, et tard dans la nuit, Cayo et Matthieu Ha s'étaient promenés dans les rues exiguës du China Town. Les maisons semblaient recluses sur elles même, en dehors du temps et du rythme urbain de la capitale. C'était une ville dans une ville. Le quartier était fascinant. Il avait gardé un caractère ancien là où les grandes ville Chinoises l'avait révolu pour le remplacer par « la nouvelle chine ». Poke les emmenait ensuite se restaurer sur le boulevard principal. Le plat que venait de commander le musicien était délicieux et étonnant. Un serveur leur avait apporté un plat rempli de nouille et sur lequel il cassait un œuf. Aussitôt il versait une sauce savoureuse extrêmement bouillante et par lequel l'oeuf allait cuire et fusionner avec les nouilles. Après ce repas mémorable, nos trois amis prenaient un taxi et quittaient le China Town de la deux cent quatre vingt unième des MILLE ET UNE TERRASSE.

Photographies au de là de la lune de Cayo van Breugel.



 
 
 

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