Mille et Une Terrasse N° 282 SPEAKERBOX BANGKOK Thailand
- Matthieu Ha

- Nov 22, 2025
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UN PEU de souvenirs familiaux lors de la tournée de MES LEVRES à Bangkok et durant la deux cent quatre-vingts deuxième des MILLE ET UNE TERRASSE.
C’était un dimanche très ensoleillé, Matthieu Ha revenait d’un temple bouddhiste à cinq minutes du NOISE HOUSE et qu’il avait dessiné dans son carnet de voyage. Il achetait un collier de lotus pratiqué dans le culte bouddhiste. Cette fleur était un rappel de pureté de l’âme, de l’esprit et un éveil spirituel. Il choisissait de déposer la couronne fleurie sur le clavier de la buvette du Noise House.
Cayo était ce jour-là, très excitée. Sa Sœur LINIE et son époux Ian Mc Kenzie ainsi que son frère aîné Willem van Breugel avaient fait le déplacement depuis Singapour où ils résidaient, pour rejoindre leur sœur cadette. Ils avaient pris une chambre d’hôtel dans le même quartier. A l’heure de midi, la petite famille se réunissait dans un restaurant voisin et prenaient part à un excellent déjeuner. Ensuite Cayo et Matthieu Ha rejoignaient Poke en plein centre de Bangkok. Ce dernier avait organisé un festival dans un club réputé – le SPEAKER BOX. Tenu par un ami de Poke. Celui-ci lui avait prêté son espace pour l’évènement. Poke avait fait venir plusieurs artistes dont SUMMER DRESS, un groupe de musique de pop rock avec lequel MES LEVRES étaient partis en tournée il y a presque dix ans. Les retrouvailles étaient très touchantes. Pour cette soirée Poke avait concocté une programmation hétéroclite dans le but de créer un voyage multi dimensionnels à travers différents styles de musique. La famille de Cayo était venue assister à cette soirée et attendait le concert de leur petite sœur. Pour patienter, ils jouaient sur le billard de la buvette tout en buvant un gin tonic.
Les festivités allaient commencer par un duo “noise” de Bangkok - Composé d’un artiste Thaï et d’un artiste biélorusse. Ils arrivaient sur la scène dans une tenue fantomatique. Leur visage était masqué. Le thaï portait un masque blanc de lutteur mexicain dont seule la bouche ainsi que les yeux étaient visibles. Son second avait une cagoule macabre portée pour les exécutions d’un condamné à mort. Le reste de leur corps était couvert d’une longue robe de nuit blanche tombant jusque sur les pieds. Derrière eux, un écran panoramique posait un décor ténébreux. Dès la première seconde, l’artiste thaï déclenchait avec sa table de mixage des sonorités au maximum de leur saturation. C’étaient des explosions bruitistes volumineuse et aigue à la limite du supportable. Le biélorusse, micro à la main, produisait des hurlements tout aussi saturés et d’une agressivité démoniaque. Ses gestes crispés imploraient les mondes obscurs. Derrière eux, des vidéos satanistes défilaient panoramiquement sur l’écran et apportaient un réalisme très impressionnant à la performance. Le public avait de la peine à supporter ce monde sonore effrayant sorti de l’enfer et finissait par quitter la salle. La famille de Cayo était restée dans la buvette à poursuivre joyeusement leur partie de billard. Cayo les rejoindra après avoir, malgré tout, pris quelques clichés photographiques. Il ne restait plus que Matthieu Ha assis sur une chaise. Il faisait l’effort de suivre cette performance d’une trentaine de minutes diaboliques, de façon à en faire un compte rendu.
Le deuxième concert présentait un autre duo : SHADOW COLONIES faisant référence au roman d’André Bernier. Un Anglais expatrié jouait de la basse et accompagnait une chanteuse Thaïe équipée de son ordinateur. Leur répertoire rassemblait des chansons post pop dont la puissance des sub basse écrasaient un peu trop la musique.
Enfin arrivait le tour de MES LEVRES. La bouche de Cayo était projetée deux fois, de manière à couvrir l’écran panoramique. Linie, Ian Mc Kenzi et Willem van Breugel s’installaient à la meilleure place pour supporter leur sœur. Cayo avait un bel ensemble noir et blanc. Son collègue faisait de même et venait d’enfiler une petite blouse noire soyeuse qu’il avait achetée au marché aux puce la veille. Le concert commençait bon train. La musique était impeccablement sonorisée. Après un mois de tournée et encouragée par la famille de Cayo, MES LEVRES allaient livrer un concert d’une grande intensité et excellement maîtrisé. Ils projetaient le match “HOLLANDE ARGENTINE 1978” au moment d’interpréter JOAN CRUIJF. Le morceau avait été dédicacé à Willem van Breugel, passionné de football et grand admirateur du plus grand footballeur des Pays-Bas et d’Europe de tous les temps. Le velours de la voix de Cayo et le chant cristallin de Matthieu Ha avaient envoûté toute la salle jusqu’à la dernière chanson suspendue de la Dutchess : AFTER ALL. Le public faisait un immense triomphe au duo.
Les Summer Dress terminaient la soirée en apothéose, et adressaient un hommage attentionné aux deux bruxellois. Contre toute attente, à la fin de leur concert, un homme aux cheveux et à la barbe abondante prenait place sur scène pour jouer de la batterie. Il s’agissait de JUNE KALAMBAHETI, le compère et batteur de Poke de STYLISH NONSENSE (Terrasse N°67). Le musicien grand ami de Cayo et Matthieu Ha n’avait pu les rejoindre durant les jours précédents, victime d’une douloureuse grippe. Il avait réussi à en sortir et de se rendre au SPEAKER BOX pour les dernières minutes du festival. Cayo et Matthieu Ha finiront par remonter sur scène au moment d’une improvisation générale aux côtés des SUMMER DRESS, June et POKE. Ce dernier avait accompli sa mission culturelle avec brio et au cours de laquelle il était parvenu à proposer avec audace, un programme ou traversée inouïe - commencée depuis les cauchemars de l’enfer, et aboutissant finalement, dans la joie, l’allégresse et la beauté du paradis de la deux cent quatre-vingts deuxième des MILLE ET UNE TERRASSE.
Photographies familiales de Cayo van Breugel.




































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