Mille et Une Terrasse N° 309 EXHIBITION: Pablo Avendaño CONCERTS: MIOU (Alma Laloy, Nils Laloy, Gaspar Baré, Didier Laloy) - Rita Braga - Matthew C. Whitaker - Pieter De Buyser
Updated: Oct 14
UN PEU de souvenirs volcaniques lors du UN PEU FESTIVAL DES DEBUTS lors de la trois cents neuvième des MILLE ET UNE TERRASSE.
Parmi les dernières rénovations effectuées dans le centre de beauté culturelle, Matthieu Ha venait de replafonner et repeindre en blanc les murs d'exposition de la terrasse intérieure. Cela faisait plus de sept années qu'ils n'avaient pas été retouchés. Ce rafraichissement convenait avec le thème du peintre espagnol PABLO Avendaño sur le volcanisme. Atre du "premier conclave" de la nuit et préhistoire du jour dont le flou de la poussière se mélangeait avec le spectacle des nuages. Symbole du renouveau et de la renaissance, les volcans de PABLO Avendaño étaient tous en activité, là où l'humanité semblait au repos. La plupart des évènements sismiques faisaient sortir des eaux un tsunami titanesque de feu et de roche. Il s'y reflétait un bleu marine fascinant, limpide regénéré par les cieux. Vues lointaines, impeccable et distinguable par les inombrables oiseaux invisibles du cosmos, PABLO Avendaño dévoilait alors une dimension universelle du monde. Tantôt en extension, tantôt en relâchement, dans l'articulation du big bang et du big crunche. Une immertion subjective dans la périodicité du recommencement, durant lequel les chiens n'aboyaient pas encore selon l'artiste Espagnol. Sur le deuxième mur était accroché une grande photographie irrésistiblement belle. Une seconde, bien plus petite, posées juste en dessous - sur l'étagère blanche. Les deux images représentaient des vacanciers installés sur des chaises de camping, et paisiblement dénudés au milieu d'une forêt de conifères. La situation pouvait rappeler le déjeuner sur l'herbe de Manet mais de surcroit, sa teinte brunoise, générée par une lumière de fin d'après-midi, était tamisée au point qu'elle pût se confondre avec une peinture à l'huile tirée des primitifs flamands. Par ailleurs, c'était la lumière unique des Flandres qui avait poussé le peintre à s'expatrier d'Espagne pour demeurer dans le petit royaume du Nord depuis plus de quinze années.
Cayo avait fait venir une amie accompagnée de son époux. Le couple avait fait la route à bord de l'un des premiers - véhicules électriques automatiques. Depuis Laan, une commune voisine très éloignée de Bruxelles, la voiture les avaient téléguidés dans le centre de beauté culturelle en début de soirée, de manière à faire l'acquisition - en exclusivité - de l'une de ces œuvres. Une fois le tableau réservé, les deux amoureux repartaient quasiment aussitôt chez eux. La soirée ne pouvait compter meilleur DEBUT.
Pour poursuivre sur cette belle lancée, Matthieu Ha présentait une nouvelle fois au public les œuvres de PABLO Avendaño avant d'introduire le voisin écrivain PETER DE BUYSER qui se trouvait à ses côtés dans la salle d'exposition. Ce dernier entamait un nouvel épisode de son feuilleton De Minaar van Kiev ou l'amant de Kiev. L'auteur allait emmener l'auditoire dans une forêt ukrainienne à la recherche d'un loup solitaire. Peter DE BUYSER racontait que les meutes de loups se faisaient rare en période de guerre. La seule manière de rencontrer un loup solitaire - ne pouvait se faire qu'en utilisant un mouton comme appât. Les deux personnages et au cours d'une interminable attente, assistaient finalement à l'apparition de la bête sauvage, laquelle n'allait faire qu'une bouchée de sa proie inoffensive. Derrière la compassion, durant l'atrocité de la guerre et devant la férocité de la nature, PETER DE BUYSER restait silencieux à sa façon, de manière à laisser l'assistance - seule juge.
Applaudissements
Après une dizaine de minutes d'entracte, le public se rendait dans la terrasse souterraine pour assister au concert de RITA BRAGA (Terrasse N°80, N° 147, N° 188) – La portugaise, souriante, revenait, comme à son accoutumé, avec son ukulélé, quelques claviers électroniques et Son cabaret de chansons polyglottes. Le concert venait à peine de commencer que le toaster à croquemonsieurs, employé au même moment dans la buvette sportive, venait de faire sauter les plombs de l'auditorium HD. Cayo était partie remettre l'électricité en marche. Le générateur se situait dans une cave à l'arrière du bâtiment et accessible par une rue voisine. Durant cette panne de quelques minutes et dans l'obscurité, RITA BRAGA ne perdait pas un instant. Elle poursuivait imperturbable son récital et chantait tout naturellement avec son ukulélé. Finalement la lumière était de retour. Plus aucune coupure de courant n'aura lieu. RITA BRAGA avait "la voix" libre pour offrir quelques nouveaux morceaux de son répertoire dont deux chansons de fado - tirées d'un répertoire populaire portugais du 19ième siècle méconnu et inédit.
Applaudissements
Le public remontait boire une bière ou de l'eau gazeuse ou du vin ou déguster un croquemonsieur avec un appareil de secours.
Dans l'auditorium HD de la terrasse souterraine, la nuit tombait amoureuse de MIOU. MIOU était un quatuor conduit par une famille réputée dans le royaume. La famille LALOY. Initialement connue par le fabuleux accordéoniste DIDIER LALOY. Cayo avait été contactée par sa fille ALMA LALOY : auteur compositrice et initiatrice de MIOU. Agée de vingt-trois ans, elle s'était également entourée de son frère cadet NILS LALOY (17 ans) à la guitare acoustique et du jeune violoniste Gaspar Baré. D'autres membres de la famille s'étaient rendus au concert dont un certain EDOUARD LALOY – cousin de DIDIER LALOY – résident depuis peu dans le quartier du Boulevard d'Ypres et grand initiateur des jam électroniques depuis un an. Le concert de Miou suscitait beaucoup d'attente et de passion. Musique au croisement du rock, du folk et de l'artisanat. Alma LALOY qui aurait pu devenir mannequin ou joueuse de basket balle, n'en était pas moins musicienne. Délicatement pop, la jeune artiste garantissait les embruns d'une musique entrainante et survoltée à d'autres moments. ALMA LALOY s'était tournée vers un luthier de manière à reproduire une carte à musique perforée laquelle était adaptée à une boîte à musique ou "sérinette". Celle-ci reprenait une des mélodies de la musicienne. L'accordéon diatonique du père LALOY était toujours aussi bien armé et amoureusement joué. Sa générosité musicale ainsi que celle de ses enfants prodiges était ainsi retransmise au public. Amour de famille, famille de l'amour - la musique jouait de son mieux quand les chansons chantaient de leur MIOU. Dès lors, le concert suivait son cours : applaudissements, ovations puis le triomphe de la vie.
Après cette belle réunion de famille, venait le tour d'un auteur compositeur anglais de Manchester - MATTHEW WHITAKER. C'était l'outsider de la soirée. Membre du groupe anglais HENGE où se mêlaient musique psycho tonique et prêt à porter pour extra-terrestre. Le musicien était venu en solitaire, dans une tenue vestimentaire des plus modestes. L'homme avait une très belle maitrise de sa guitare et utilisait la langue de Shakespeare de la meilleur des façons. Voix très bien posée sur une rivière d'eau légèrement salée et calme. Grande chevelure, longue barbe MATTHEW WHITAKER aurait pu facilement incarner un chevalier de la table ronde. Pourtant, durant son enfance, il aurait hérité d'un surnom – le regard du diable (the devil 'gaze).
Chères lectrice, cher lecteur, vous venez de lire la trois cent neuvième des MILLE ET UNE TERRASSE
Photographies "six-uelles" de Cayo van Breugel

















































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