Mille et Une Terasse N° 298 Otter&Boon - Wannarit Pongprayoon - Tha Bell
- Matthieu Ha

- May 2
- 5 min read
Updated: 3 days ago
UN PEU de souvenirs “désorientals” lors de la deuxième soirée du mois de juin du UN PEU FESTIVAL des DEBUTS et durant la deux cents nonante-huitième des MILLE ET UNE TERRASSE.
Vers midi, un des amis de JEFFERS WALDO, un sicilien venu directement de Palerme pour assister à son concert, proposait de cuisiner le fameux plat italien “les pâtes CARBONARA” pour le déjeuner. Contrairement aux habitudes des bruxellois, la façon italienne de préparer ce plat consistait à ne point séparer le blanc du jaune d’œuf et de se dispenser de crème fraîche. Ensuite il achetait des lardons aux tranches généreusement grasses et rajoutait du parmesan ramené de Sicile. Puis une table était dressée sur la terrasse extérieure pour prendre part à ce festin des plus délicieux, accompagné d’un bon vin rouge. Après un au revoir à Jeffers Waldo et ses amis, Cayo et Matthieu Ha se replongeaient dans les préparatifs de la deuxième soirée. Matthieu Ha avait préparé une soupe : LA SOUPE DU PAYS DES CONFINS. La soupe était présentée froide de manière à l’adapter à la saison. Pendant ce temps, Cayo était occupée à sonoriser sept musiciens. Tout d’abord le quartet de la chinoise YI HUIJUN – THA BELL, ensuite le duo de Gent - OTTOR & BOON et enfin le thaïlandais- WANNARIT PONGPRAYOON alias POK.
Ce dernier allait présenter sa performance au niveau 1 de la terrasse intérieure. Cayo lui avait préparé une table sur laquelle il installait ses nouveaux équipements. WANNARIT PONGPRAYOON était venu avec de nouvelles machines très commode à transporter. Deux petits tableaux de bord électroniques permettaient un contrôle d’appoint à partir de son clavier maître. Ses appareils ne dépassaient pas les 15 cm de long. De même que son clavier maître. Il jouait devant le mur opposé de l’étagère du monte-charge bleu, sur lequel Cayo avait accroché une de ses photographies. L’image représentait l’intérieur d’un hôpital abandonné. Autour du cadre, Matthieu Ha fixait une guirlande de lumières multicolores. La performance de WANNARIT PONGPRAYOON était délimitée dans un arc-en-ciel rectangulaire et électronique. Comme à son habitude, chacun de ses concerts était unique. Le musicien thaï programmait ses sons en temps réel. Puis il choisissait une séquence avec laquelle il produisait une boucle répétitive. S’ensuivait d’une succession d’évènements sonore dont les textures évoluaient progressivement à travers ses appareils d’appoint. VALENTIN SOUQUET (Terrasse N°178) levait ses bras au ciel, le corps bercé par les impulsions musicales de WANNARIT PONGPRAYOON. Enfin le thaï ressortait, en contrepoint, son mélodica à partir duquel il jouait quelques phrases musicales donnant presque l’illusion qu’elles pouvaient sortir d’un orgue à bouche thaïlandais. Après trente minutes d'improvisation le concert arrivait à son terme.
“APLLAUDISSEMENTS”
Le public descendait pour la deuxième partie du concert en compagnie des deux gantois OTTOR & BOON.
BOON pour KOBE BOON (Terrasse N°7) et OTTOR pour FULCO OTTERVANGER. FULCO OTTERVANGER avait pris connaissance du centre de beauté culturelle un peu avant les MILLE ET UNE TERRASSE durant la terrible dictature sanitaire. Il était venu enregistrer un album avec PUNK KONG (Terrasse N°231) au moment où L’auditorium venait d’être achevé et permettait aux musiciens de produire tout un album dans de très bonnes conditions (LIVE IN UN PEU). A l’époque le chanteur révélait des atouts vocaux indéniables. Son approche avec PUNK KONG avait montré de lui un artiste hyperactif durant lequel ses claviers, son harmonica et son chant devait se mesurer à la musique musclée JAZZ rock du trio bruxellois. . Avec KOBE BOON à la basse, FULCO OTTERVANGER était à la fois le compositeur, le batteur, claviériste, chanteur et laissait la part belle à des compostions plus personnelles et posées, faites de suites de séquences musicales attrayantes. Sa voix toujours aussi habitée, apportait tout un jeu plus nuancé. Au croisement de la funky, de la pop et de la soul – son timbre avait une éloquence singulière qui rappelait celle du regretté musicien américain PRINCE. Assis derrière sa batterie, FULCO OTTERVANGER n’était pas en mesure de danser mais sa voix bel et bien. Elle imprimait dans la mémoire des spectateurs des morceaux qui sonnaient comme “des tubes” inoubliables.
“APPLAUDISSEMENTS”
Pendant que le groupe THA BELL se préparait dans la terrasse souterraine, PIETER DE BUYSER renouvelait la lecture du préambule de son roman feuilleton “DE MINAAR van KIEV”. Néerlandophone, Pieter de Buyser avait choisi comme la veille, de présenter son récit en français. Son accent flamand apportait un charme exotique à sa diction devant des francophones conquis.
“APPLAUDISSEMENTS”
Après l’entracte, les spectateurs regagnaient l’auditorium HD de la terrasse souterraine et attendait le début du concert de THA BELL. Un quintet initié par la jeune chinoise YI HUIJUN. Elle venait de passer quelques jours en résidence à UN PEU pour mettre au point la musique de son quartet ainsi que la réalisation d'une vidéo promotionnelle. YI HUIJUN avait fait ses classes au conservatoire de Jazz flamand aux côtés du batteur ROB SWENNEN (Terrasse N° 262). Les jours précédant le concert, la compositrice s’était montrée très nerveuse et inquiète. Était-ce vis à vis de sa création ou de la crainte du public ? Ce soir allait être pour elle - la nuit du verdict. Le guitariste RAPHAEL DESMARETS (Terrasse N°295) était de nouveau de la partie. Il était dans les toilettes de l’auditorium pour y faire ses besoins. Mais quel besoin plus grand que celui de rejoindre sa guitare sur la scène ? THA BELL était composé également du contrebassiste FEDERICO STOCCI et du pianiste ALEXANDRE LESAGE lequel aura préparé avec maestria le son du piano à partir de son ordinateur. Une fois RAPHAEL DESMARETS sur scène, le quartet débutait leur magnifique concert. Le chant de YI HUIJUN était très attrayant. La musicienne avait choisi de chanter dans sa langue natale : le mandarin. Une langue intrinsèquement musicale lorsqu’elle elle est prononcée dans le langage courant. Matthieu Ha avait pu observer dans l’opéra chinois, une tonalité de la parole proche de la musique contemporaine occidentale. La “sino-phonie” de YI HUIJUN allait dans le même sens et apportait une touche très originale dans l’approche usuelle du jazz jusqu’à en devenir un véritable atout de fraicheur et de créativité. Au fur et à mesure que le concert avançait au plus YI HUIJUN gagnait en confiance. Tantôt elle retrouvait son sourire, tantôt la gestuelle de ses mains accompagnait son chant ou encore, retrouvait les cordes de son instrument traditionnel : le GUZHENG. La chinoise était définitivement heureuse et finissait par danser sur scène jusqu’à sauter de joie.
“APPLAUDISSEMENTS”
Enfin après la danse du drapeau d’or et le retour de la caravane dans la terrasse intérieure, RAPHAEL DESMARET s'était emparé de la nouvelle guitare d’UN PEU. C’était une guitare acoustique qui avait été offerte par une personne de la commune de Jette - Eric - un habitué des soirées du Centre de beauté culturelle depuis bientôt un trimestre. Il avait peint cette guitare en blanc puis y avait dessiné des fleurs. Au moment où RAPHAEL DESMARET commençait à y jouer dessus, le guitariste devenait un vrai Juke box, et interprétait de mémoire toutes les chansons des Beatles. Alice Goerges Perez (Terrasse N°264) qui avait donné un coup de main à Filip Keunen à la buvette sportive, venait seconder RAPHAEL DESMARETS au chant. Durant plus d’une heure, les deux musiciens offraient de manière ininterrompue un magnifique hommage aux Beatles - surprise inoubliable sur un coin de la table et ce, lors de la deux cents nonante-huitième des MILLE ET UNE TERRASSE.
Photographie-mania de Cayo van Breugel











































































Comments