Mille et Une Terrasse N° 295 Soldes Almanach N° 10 release + Concerts: Sweetest Choice (Sébastien Cirotteau & Benjamin Gilbert) - Katy Pinke - Lefty Parker
- Matthieu Ha

- Apr 3
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Updated: 7 hours ago
UN PEU de souvenirs “agendable” lors du quatrième chapitre du FESTIVAL DES DEBUTS et au cours de la deux cent nonante cinquième des MILLE ET UNE TERRASSE.
Cayo van Breugel et Matthieu Ha, co-directeurs du centre de beauté culturelle UN PEU, s'étaient associés avec Marc Borgers pour organiser à Bruxelles une soirée SOLDE ALMANACH (Terrasse N°238, N°239) dans le cadre du 10ième numéro de la revue culte. Marc Borgers avait fait agrandir la couverture du SOLDE ALMANACH #10 et quelques dessins imprimés en très très grand format (A5), il les exposait ensuite sur les murs d'UN PEU. Durant le processus de réalisation de cette énième édition, il avait fait une commande auprès de la peintre polonaise ALEKSANDRA WALISZEWSKA pour la réalisation de la couverture. sur un fond jaune citron, l’artiste révéla un étrange portrait. Celui d’une chatte blanchâtre humanisée. Elle était sobrement vêtue d’une robe verte sans manche. L'animal se tenait debout, les pattes avant posées sur une table. Regard magnétique et inquisitoire, la féline attrapait fixement et irrésistiblement les yeux du lecteur. Cette entrée en matière n'était pas sans rappeler les personnages des fables de LA FONTAINE, des contes de Charles PERRAULT et consorts. Animaux totémiques des contes de fée à travers lesquels l'auteur règle ses comptes avec la société. Cette intrigante peinture était accompagnée du gros titre : SOLDES ALMANACH#10 et des sous-titres principaux, porteurs du thème de cette nouvelle édition : “voix moyenne & voie médiane”.
Ce traitée était celui de la chorégraphe et philosophe française EMMA BIGGE. Les domaines de prédilection d’EMMA BIGGE reposaient en particulier sur la danse, la question queers et les philosophies écologiques. La rédactrice COCO NEUVILLE rapportera pour le SOLDE ALMANACH #10, tout un entretien durant lequel EMMA BIGGE faisait part de sa façon de “repenser notre action au corps et à l'environnement”. Proches du tantrisme et d'un manifeste écolo-philosophique, plus qu'un essai, elle faisait de ses théories une pratique. ANTOINE BOUTE (Terrasse N°248) avait animé des ateliers d’écriture sur ce mode opératoire pour en rédiger le contenu sur une des pages du SOLDES ALMANACH #10.
D’autres “intellectuels, sages et fous” tels que TIM INGOLD, David AB et ACHILLE MBEMBE, seront également conviés afin d’exprimer leurs observations parmi les cent cinquante pages du SOLDE ALMANACH. Bien sûr, les graphistes étaient au rendez-vous. Ainsi Marc Borgers avait invité durant les deux soirées à UN PEU le peintre, dessinateur et graveur français MUZO. Il était rejoint par la peintre SOPHIE VENDRYES. C'était en quelque sorte la rencontre de deux générations d'artiste libertaire qui allaient improviser en public un dessin à quatre mains dans l'espace de la galerie intérieure d'UN PEU.
En contrepoint, trois concerts allaient avoir lieu dans l'auditorium de la terrasse souterraine. Tout d’abord avec le new yorkais LEFTY PARKER. Le jeune chanteur folk originaire du Texas, livrait à partir de sa guitare sèche ses chansons, dans un recueillement d' une profonde sensibilité. Sa voix délicate effleurait l’auditoire dans un souffle mélodique épuré tout en retenu. Au terme de chacune de ses ballades, il caressait brièvement et doucement des yeux le public.
"Applaudissements"
Ensuite, un étage plus haut, dans la galerie de la terrasse intérieure, le trompettiste SEBASTIEN CIROTTEAU ET le guitariste BENJAMIN GLIBERT (guitare classique 12 cordes) - tout deux membre du groupe MORTELLE RANDONNEE (terrasse n°95)- jouaient sans micro de manière à réactualiser dans un jazz progressif des musiques anciennes comme celle d'HILDEGARD von BINGEN . Leur approche savante ne s'opposait pas à l'humeur décontractée de la soirée. Les premières places assises étaient occupées par des membres de leur famille venus les encourager. SEBASTIEN CIROTTEAU faisait preuve de pédagogie par sympathie envers l'audience quand il prenait la peine d' expliquer le contexte de chaque musique. Pendant ce temps, de l'autre côté de la salle, Filip Keunen répondait aux multiples commandes de boissons à la la petite buvette sportive d'UN PEU.
"APPLAUDISSEMENTS"
Derrière les musiciens, et pendant qu'ils jouaient, le dessin collectif de MUZO et Sophie VENDRYES progressait sur une feuille de quatre mètres sur deux. Cette première rencontre entre les deux peintres semblait être un round d’observation et de tâtonnement. Les deux artistes avaient deux manières différentes d’utiliser la couleur et des approches distinctes de traiter le dessin. MUZO avait choisi le pinceau. Il avait un goût prononcé pour donner vie à des personnages fictifs en ligne claire à la manière des anglo-saxons. Grandes têtes sur un petit corps où les expressions caricaturées du visage sont d' un lyrisme familier aux dessins de presse (Métal Hurlant, Libération, Hara Kiri)et de la mouvance des bandes dessinées anglaises. Sophie Vendryes était dans une démarche performative, gestuelle, esthétique et abstraite. Généralement, l’artiste s’envolait vers un niveau supérieur de transe à chacune de ses performances dessinées. Dans ce contexte-ci, Sophie Vendryes n’était pas là pour s'envoler solitairement. Ses traits aux crayons de couleurs se décalaient de manière à englober son crayonné avec celui de MUZO. Malgré tout, la rencontre s'opérait inéluctablement. Ses mouvements de spirale en continu aux crayons de couleur créaient un environnement léger et bigarré et avaient de quoi influencer les choix de MUZO. Ce dernier entamait des personnages en commençant par leurs yeux puis terminait par le contour de la figure. En l’occurrence, ce soir, ses personnages ne montraient plus aucun signe humain. Ils aboutissaient davantage à une transition mutante ou extraterrestre : créatures, araignée-cyclope, des feuillages remplacés par des yeux, oreilles en forme d'ailes de papillon.
De retour dans l'auditorium de la terrasse souterraine, la soirée allait se terminer avec l’artiste new yorkaise KATE PINKE. Une musicienne recommandée par Alice Georges Perez (terrasse n°264). Personnalité étonnante, musicienne mais également artiste plasticienne. Elle venait de faire une exposition dans une galerie à New York et était en train d’entamer une série de cartes sur lesquelles elle inventait des écritures. Femme habitée, elle ponctuait sa performance par des apparitions de marionnettes en papier qu’elle avait créés. Elle les faisait apparaître sobrement. Une musique à travers un dictaphone mettait son mini théâtre dans une dimension complémentaire à son concert . KATE PINKE donnait l’impression qu’elle savait tout faire. Elle parlait couramment le chinois, comprenait l’espagnole, jouait de la guitare et composait. Capable d’enchanter mais aussi d’émouvoir. Au terme de sa performance, KATE PINKE invitait RAPHAELE DESMARET (Terrasse N°289) de façon à être soutenue à la guitare électrique sur une chanson pour le moins inattendue : “Lover you shouldn’t come over” de JEFF BUCKLEY. La voix de la chanteuse n’avait rien de comparable avec la puissance unique de son auteur défunt et ni dans leur approche musicale. Par un autre chemin, et en toute intelligence, KATE PINKE transportait un public hypnotisé, entre le bord des larmes et celui du précipice de la beauté.
"APPLAUDISSEMENTS"
Au terme de ces magistrales représentations créatives, Cayo prenait ses appareils photo comme à son habitude, et prenait le portraits des artistes et quelques clichés des spectateurs. Ces derniers étaient remontés boire un verre, fumer une cigarette roulée, ou une cigarette cousue, un cigare ou encore une cigarette électrique. Certains respiraient simplement cette très belle soirée du FESTIVAL DES DEBUTS. Début du mois d'avril, début du printemps, début du nez, de la bouche, des yeux et des oreilles. D'autres buvaient à table une soupe magique orange, grignotaient un croque monsieur avec ou sans jambon.
Enfin Matthieu Ha offrait la danse du drapeau d’or sur la terrasse extérieure, entre la caravane de Cayo et la voiture orange de Marc Borgers. Le drapeau d'or était sollicité par le vent qui traversait le boulevard d'Ypres comme par les gestes en tourbillon du danseur. Vers minuit et dix-sept minutes, Cayo et Matthieu Ha rentraient la caravane à l'intérieur de leur centre de beauté culturelle.
Ainsi se clôturait la première soirée de SOLDES ALMANACH - et ce - lors de la deux cents nonante cinquième des MILLE ET UNE TERRASSE.
Photographies solidifiées par Cayo van Breugel










































































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