Mille et Une Terrasse N° 305 Ipnôtik Ôrizõ (with Antonin Leymarie, & João Grilo & Grégoire Tirtiaux) - Matthieu Ha - Pieter De Buyser
Updated: 3 days ago
UN PEU de souvenirs de la rentrée de septembre au moment de la trois cent cinquième des MILLE ET UNE TERRASSE.
Après un mois d'août reposant, temps auguste du moment des grandes vacances et durant lequel le boulevard d'Ypres était vide d'une bonne partie de ses habitants. Cayo et Matthieu Ha avait profité du vacuum du Chicago pour effectuer quelques réparations et rafraichissements de leur espace. Le sol de l'auditorium avait été repeint d'une couche de peinture laquée rouge du japon. Réparation d'un fauteuil de style néo-classique. Rangement de la régi de fond en comble - archivages - étiquetage de dossiers, tri du papier et classement d'archives : audio, photographique, graphique, diapositive-graphique, appareils électrique, lampes, disques laser, K7, mini disc, disques vinyle, livres, sans oublier les publications des HAS BEEN. Sur le mur blanc qui menait à l'auditorium dans la descente en colimaçon de l'escalier rouge, une main courante de couleur noir avait été fixée. "La Frontière" fresque d'Ignacio Galilea (Terrasse 74/tom 1) était toujours là. Valentin Souquet, le voisin, avait prêté main forte de manière à inverser le battement de la porte de sortie - faisant en sorte que celle-ci s'ouvrât favorablement au public en direction de la terrasse intérieure et de la terrasse extérieure. Le plafond de la galerie avait été également repeint en blanc, la buvette sportive nettoyée et mieux ordonnée. Tout un soin nécessaire - du détail au plus essentiel - de manière à recommencer la nouvelle saison et pour accueillir le public avec un cerveau remis à jour.
Aussi, Cayo venait d'apprendre un forfait de dernière minute de musiciens irlandais THE BONK en cause d'un problème familial parmi un membre du groupe. La Dutchess demandait alors à son collègue Matthieu Ha s'il se sentait disposé à jouer à leur place. Ce dernier répondait présent avec enthousiasme. Sa collègue l'avait aidé à faire sa mise en place dans la galerie de la terrasse intérieure en plaçant son "sound syt'aime" juste devant le mur où s'élevait le grand pétale azulejos (Terrasse No 188/tom 2). Il ouvrait la soirée en jouant une adaptation toute personnelle de l'Ave Maria de Gounod. Pour ce faire, le bruxellasien avait choisi d'employer sa voix de baryton romantique et son accordéon platonique. Il faisait évoluer cette célèbre prière catholique récitée en latin à travers toutes sortes d'incidents sonores avec l'appui de son synthétiseur japonais et l'utilisation d'un ancien disque vinyle - en usage à l'époque pour divers habillages sonores de la radio anglaise - la BBC et dans lequel étaient stocké nombreux Bruitages. Malgré tous ces fracas et autres embuscades sonores, l'approche inédite et inattendue de cet Ave Maria, n'avait rien enlevé, de sa solennité, de sa grâce et de sa beauté originelle. Ensuite Matthieu Ha poursuivait par deux autres morceaux de sa composition chantées en haute-contre. Il recevait un rappel du public - ce qui était la marque d'un "concert de dernière minute" bien accompli.
Les spectateurs retrouvaient ensuite le voisin du Boulevard d'Ypres - l'écrivain Peter de Buyser qui se tenait debout devant ses feuilles, posées sur un pupitre dans la terrasse souterraine. Il allait donner la lecture du deuxième épisode de son feuilleton "De minaar van Kiev". De nouveau, l'auteur néerlandophone avait choisi la langue française pour livrer son histoire. Dans ce nouvel épisode, il faisait alors le compte rendu d'une correspondance entre son cousin russe PIOTR BUYSEROVITCH et une amoureuse ukrainienne. Malgré la guerre et sublimant ses horreurs, les deux amants montraient à travers ce courrier enflammé, l'indestructible amour et leur tendresse, bien au-de-là de chacun de leurs maux.
Après l'entracte, le public se réfugiait une dernière fois dans l'auditorium HD de la terrasse souterraine pour le deuxième concert de la soirée, en compagnie d'un trio nouvellement créé - Ipnôtik ôrizõ. Composé du saxophoniste bruxellois Grégoire Tirtiaux (Terrasse No 166), du pianiste portugais João Grilo et du batteur-compositeur français Antonin Leymarie (terrasse No137). Le trio était, à vrai dire, trois excellents musiciens réputés de la scène jazz dans leur pays respectif. Ce concert allait répondre aux promesses que réservait ce genre de réunion. Virtuosité encline à l'improvisation, à la transe et au panache. João Grilo, faisait sa première apparition dans le centre de beauté culturelle, il montrait toute son adresse et son talent, autant au piano que par les choix de différentes cadences lorsqu'il improvisait sur le clavier de son synthétiseur basse. Par ailleurs, il apportait à Grégoire Tirtiaux des plages harmoniques pour que le saxophoniste virevoltât tout en subtilité avec son baryton et ses quelques appareils d'appoint. Puis ce dernier se mettait en recul, le portugais de Porto avait alors la voie libre pour, à son tour, exceller brillamment sur le piano angélique. Quant à Antonin Leymarie - "l'enfant aux tambours de Montreuil" - en véritable chef d'orchestre et en symbiose avec ses deux compagnons, était en train d'ensorceler l'auditorium de ses rythmes transcendantaux, magiques et envoûtants.
L'auditoire était totalement captivé, Cayo dansait dans la régi technique, Matthieu Ha se surmenait à la lumière - équipé de lampes de poche afin de suivre sans perdre de vue, l'hypnotique horizon ô combien incandescent et ce durant la trois cents cinquième des MILLE ET UNE TERRASSE.
Photographies de rentrée de Cayo van Breugel













































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