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Mille et une Terrasse N° 45 Ryder the Eagle

UN PEU de souvenirs de l’étonnante quarante cinquième des MILLE ET UNE TERRASSE. La soirée s’est passée un Jeudi. Jour de la semaine généralement fermé au public. Pour des raisons exceptionnelles le Centre de Beauté Culturelle a ouvert ses portes afin d’ accueillir un artiste répondant au nom de: RYDER THE EAGLE. D’après une proposition venant du musicien bruxellois YANNICK DUPONT, cet artiste présentait un personnage un peu déboussolant : Un Mariachi vêtu de blanc et qui prétendait jouer pour les divorces. Recevoir une telle démarche dans le temple du mariage avec soi-même ne faisait pas l’ombre d’un doute . Seulement cet aventurier solitaire, natif de France et résidant au Mexique, arrivait par la Grande Bretagne où il allait prendre une correspondance de l’aéroport de Heathrow à Londres - rejoindre l’aéroport de Zaventem et enfin arriver à Bruxelles – au N°3 du boulevard d’Ypres. Afin de faire patienter le public de tout ce long cheminement, Cayo et Matthieu Ha proposaient donc un Prélude en jouant deux pièces maîtresse de leur répertoire : « Pollen de la forêt et een Beetje ». Il est toujours plaisant de ré-écouter ce duo, et tellement miraculeux qu’ils puissent disposer ainsi de leur terrasse sous- terraine en y jouant leurs oeuvres. Manifestement le public était enchanté d’assister à leur univers. Cayo jouait dans le choeur d’une fleur aux pétales rouge. Le duo était entrain de butiner le nectar de la plante avec leurs instruments respectifs (guitare, accordéon, chant). Cela rappelait que leur « mâturité sexuelle des plantes » les conduisait de plus en plus, sans faux pas, vers l’éternité et les mystères de la beauté. Et puis le public voyait descendre un grand prince blanc sur la scène de l’auditorium . C’est Ryder the EAGLE. Il prenait la parole en anglais. Il avait l’air de décider d’un certain ton de voix plutôt instable. Celle-ci venait brusquement de se révolter. Et puis il appuyait sur le contacte de sa musique automatique. L’artiste brouillait les pistes donnant à croire à l’élaboration d’un répertoire fait de facéties et de danses trop articulées. Et puis à peine que deux chansons venaient de se jouer, l’aigle blanc s’effondrait. Essoufflé, il faisait passer l’entièreté de l’air de sa respiration dans son micro. Mais pas seulement : il commençait a dévoiler un personnage beaucoup plus complexe qu’il en avait fait paraître jusqu’à présent. Son être introspectif faisait des arrêts sur image - sur toute la difficulté d’organiser une tournée dans les temps et avec un petit budget. Tout ses logements ainsi que ses déplacements rassemblaient le petit monde opportun du LOW COST. Il passait du coq à l’âne pour arriver en définitive à des confessions sentimentales, comme si les spectateurs assistaient aux révélations de son divorce avec la même franchise que celle d’un alcoolique anonyme. C’était inattendu, et franchement bouleversant. Il reprenait son tour de chant, la musique devenait un répertoire axé sur son traumatisme matrimoniale. Il s’enfonçait de plus en plus dans le public. Celui-ci prenait la forme du sable mouvant – ému par les chansons de plus en plus émouvantes. L’homme devenait finalement peu à peu un grand aigle. Il faisait des signes de battements d’ailes avec ses bras au plus la route de son coeur s’ouvrait. Et quand l’aigle sautait, la voix ne tremblait pas. Elle était entrain de tergiverser au dessus du carrefour des vertiges et de l’amour et dont on ne croyait plus assister à cette grande envolée depuis celle du Grand Jaques Brel . D’ ailleurs, dans le passé « le grand jacques » avait élu domicile dans le boulevard d’Ypres. Matthieu Ha disait alors : « De toutes manières si le grand Jaques avait connu le Centre des Milles et Une Terrasse, il serait certainement venu jouer UN PEU ici... » écorché vif comme RYDER THE EAGLE…

photographies de Cayo Scheyven
















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